Quand longévité et modernité vont de pair

Quand longévité et modernité vont de pair

Par Sylvie Garcia

 

Radio Saint-Hubert est un des plus anciens commerces de la Plaza. Cette véritable institution a ouvert ses portes en 1964. Le secret de sa longévité : avoir su évoluer et se transformer. Que de chemin parcouru entre l’atelier de réparations de téléviseurs à lampes des débuts et l’actuel commerce Hi-Tech à la fine pointe des nouvelles tendances! Rencontre avec Bernie Borenstein, le propriétaire de Radio Saint-Hubert.

 

Le sourire avenant, l’œil pétillant et la démarche assurée, le fondateur de Radio Saint-Hubert accueille toujours la clientèle. On a du mal à croire que Bernie Borenstein est âgé de 75 ans. Bien qu’il pourrait profiter d’une retraite bien méritée, presque chaque jour, il emprunte le chemin qui le mène à son commerce. La même passion l’anime toujours après plus d’un demi-siècle d’opération. « J’adore mon métier et le travail me garde jeune », déclare-t-il. Bernie est l’archétype même d’un <self-made-man>. Radio Saint-Hubert c’est son bébé. Il a tout fait de A à Z. Sa philosophie d’entreprise se résume ainsi : constance, persévérance, compétence et respect de la clientèle. Ces valeurs, le commerçant les a transmises à l’équipe qui s’est greffée à lui au fil des années. Pas de tapage publicitaire, il a plutôt misé sur la force du bouche-à-oreille et l’effet multiplicateur de clients satisfaits. Et, il a gagné son pari!

Issu d’un milieu modeste, la poursuite d’études supérieures n’est pas une option pour le jeune Bernie. Il doit travailler. Après une courte formation, il devient technicien en réparation de téléviseurs. À cette époque, les techniciens se rendaient à domicile et selon le problème changeaient les lampes responsables du dysfonctionnement. Somme toute, un travail assez facile. Ce serait bien mal le connaitre de croire qu’il s’en tiendrait là. Rapidement, il s’applique à parfaire ses connaissances pour réparer d’autres types d’appareils, car il rêve d’ouvrir son propre atelier. Quand enfin l’occasion se présente, il plonge sans hésitation. Il n’a que 22 ans, lorsqu’il se lance seul dans l’aventure. Même s’il n’a pas toujours les moyens de ses ambitions, il va de l’avant. Son indéfectible détermination et son travail acharné auront raison de toutes les difficultés.

Lorsqu’il s’installe sur l’artère de la Plaza Saint-Hubert, le jeune entrepreneur se rend rapidement à l’évidence que sa maitrise du français laisse à désirer. Cette méconnaissance s’explique du fait qu’il a grandi et fait ses classes dans le Mile-End (quartier dont la population est majoritairement anglophone à l’époque). Celui pour qui le service à la clientèle est une priorité mettra les bouchées doubles afin de combler cette lacune. Reconnaissant, Bernie se souvient : « Les gens ont été gentils avec moi et j’ai appris ». Entre autres difficultés, il doit également composer avec des ressources financières très limitées. Ingénieux, le propriétaire confesse en riant qu’au cours des premières années d’opérations de Radio Saint-Hubert, il mettait tous ses appareils en étalage dans la vitrine et garnissait les tablettes du magasin des boites vides pour donner l’illusion d’avoir beaucoup de stock. Graduellement, l’achalandage augmente et il engage du personnel pour le seconder.

 

La transmission

Si Bernie Borenstein est toujours aussi présent, n’allez pas croire que c’est qu’il n’a pas confiance en son personnel. Loin de là! C’est avec beaucoup de fierté qu’il affirme haut et fort avoir la meilleure équipe. « Ils travaillent tous ici depuis longtemps. Vince est avec moi depuis plus de 35 ans; Dany, 40 ans; alors que les plus jeunes ont au minimum 25 ans d’ancienneté ». Bernie sait que son domaine se développe à vitesse grand V. C’est pourquoi ils suivent tous régulièrement des formations sur les nouveaux produits et les technologies de pointe. Pour se démarquer face à la concurrence des grandes chaines, en plus d’offrir des produits haut de gamme, chez Radio Saint-Hubert les clients bénéficient d’un service personnalisé. Tant pour les particuliers que pour les entreprises commerciales, ils offrent un service-conseil. Ils accompagnent le client à chaque étape : du choix des appareils, de la conception d’un aménagement pour un rendement optimal jusqu’à l’installation à domicile. Il ne faut pas oublier l’atelier de réparation où les techniciens expérimentés peuvent redonner vie à tous les types d’appareils, jeunes ou vieux. Par exemple, avec le retour des disques-vinyles, les tables tournantes sont réapparues. Tout est rodé au quart de tour et la relève est assurée. Monsieur Borenstein peut envisager la retraite avec sérénité.

D’ailleurs, le processus de passation des pouvoirs est déjà enclenché. Dany Monaco, qui a 40 ans d’ancienneté, prendra les commandes prochainement à titre de nouveau propriétaire. Ce dernier compte préserver jalousement la philosophie d’entreprise humaniste instaurée par son fondateur. « Nous sommes une famille. Les liens qui nous unissent dépassent largement le cadre d’une relation entre un patron et ses employés. Bien sûr, Bernie aura toujours une place pour accrocher son chapeau chez Radio Saint-Hubert! » Gageons que ce dernier viendra partager avec eux le récit des voyages qu’il projette de faire avec sa tendre épouse, son sweet heart d’adolescence, qui lui a donné 4 beaux enfants. Chapeau Monsieur Borenstein et longue vie à Radio Saint-Hubert!

Radio Saint-Hubert

6278, rue Saint-Hubert

514 276-1413

www.radiosthubert.com